Depuis un peu plus d'une semaine, nausées, vertiges, maux de ventres, maux de tête m'accompagnent.
Ah j'en vois déjà certains s'écrier "Ca y est la petite soeur ou le petit frère de Graine de Star l'empereur est en route".
Que nenni! J'ai bien effectivement envoyé une commande de grossesse mais pour l'année prochaine, donc naissance l'année d'après ou en fin d'année prochaine.
Pas assez malade pour aller voir le médecin ou rester à la maison, mais pas assez en forme pour être efficace sur mes multiples visages de femme, de mère, de travailleuse, de voisine etc ...
Et mon super voisin génialissime a bien aidé à ce que mon état s'aggrave. Pendant 4-5 nuits je n'ai pas pu fermer l'oeil une seconde, ni de jour, ni de nuit, car il a l'excellente idée de réparer sa moto tout du long. Pour la journée: rien à dire, je pense qu'il est dans son droit. Début de soirée: pas agréable mais passons. Les heures défilent, 23h - minuit - 1h00, 2h00, 3h00,
Glang glang gling bam boum tchak vraouuuuuuummmmm
4h et des poussières il s'arrête mais les autres voisins se lèvent pour aller bosser. Ils sont marchands ambulants et donc commencent leur matinée par cuisiner assez bruyemment. Mais bon ça dure 30 minutes et j'ai pris l'habitude.
6h et des poussières c'est mon tit oustiti qui se réveille et il est bien vif!
Après cela, il refait une sieste en mi-matin. Me dis "ah chouette vais dodoter avec lui".
Oublie, l'autre s'est réveillé et recommence son glang blak boum tchak vraouuuuummmmm pour tout le reste de la journée et rebelotte pour la nuit.
Dimanche, exténuée, j'ai demandé poliment, sans ton désagréable, d'une manière gentille qui m'a assez surprise de moi-même "à quelle heure allez-vous terminer aujourd'hui. J'aimerais organiser mon heure dodo - je suis très très fatiguée"
il me répond qu'il a terminé et que je peux sans outre dormir quand je le désire"
Ce qui était simplement vrai. Manque de pot, pour la première nuit sans son vacarme une migraine m'a violemment attaquée, si forte qu'elle m'empêchait de dormir. J'ai eu envie de m'arracher les yeux, la tête, je pleurais telle la douleur était forte.
Donc hier exténuée en surplus des symptômes déjà présent la semaine précédente ... L'homme m'a accompagnée ce matin chez le médecin. Quelques cliniques ici ne sont pas fortiches en anglais et parfois dans certains domaines- dont le médical - il me manque du vocabulaire.
Le doc écoute mes symptômes, me regarde, prends ma température, écoute mon coeur à l'aide du stétoscope et me dit de bout en bout
"vous n'êtes pas réellement malade. Vous avez de la fièvre, vous avez bien les symptômes mais en fait vous n'allez pas bien dans votre coeur et votre cerveau. Avez-vous actuellement du stress et des soucis? Si c'est le cas c'est la raison pour laquelle votre corps ne suit pas. Arrêtez de réfléchir, arrêtez de courir partout, arrêtez de vouloir être la super mum, la super femme, la super travailleuse. Voguez entre vos divers rôles et visages mais plus tranquillement. Je vous donne 2 jours de dodo - vous ammenez votre fils à la nurserie pour que vous soyez réellement tranquille, vous prenez les médicaments que je vous donne qui retirent les symptômes et aussi qui aident votre petit coeur à se sentir plus léger. Dans 2 jours vous retournez au travail et n'oubliez pas mes conseils. Quand à vous monsieur, épaulez du mieux votre femme, soyez présent pour elle lorsque vous êtes là. Et depuis l'île même si ce n'est pas facile avec la distance, essayez de la rendre plus légère par des coups de fils sympas hors soucis quotidiens".
Moi qui pensais que j'allais mieux me suis rendue bêtement compte que j'avais fais un merveilleux denni! En général quand on touche un point déjà douloureux, même si il est latent, ça fait plus mal. Dès la première phrase du doc j'ai senti les larmes me monter aux yeux. J'ai vu le regard de l'homme et les ai retenues, les ais redescendus au fond de ma gorge.
A la maison on en a un peu parlé et j'en ai laissé couler quelques-unes, j'ai aussi sorti quelques phrases que je ne lui avais jamais dites - celles qui parlent de mon manque de bonheur, de mes besoins, de ma solitude, de plein d'autres choses.
Me suis aussi rappelée du mail envoyé la semaine dernière à une amie, lui résumant les 8 derniers mois. Et en me relisant, ce mail m'a fait peur, ... ai réalisé que le bilan était loin d'être positif.
Mais ça, je ne suis pas encore prête de le partager avec tout le monde. Il y a beaucoup ...
Je suis une personne entière et quand je donne c'est avec l'entierté de ma personne. Et parfois, à force de tout donner je me vide et je me perds. Je crois que je suis juste actuellement dans ce vide et que j'ai besoin de me reremplir et qu'on m'aide à me remplir à nouveau.
Comment? Je ne sais pas trop ... en ayant des projets d'avenir et de finances pour la saison basse qui commence dans 2-3 mois et où zomme et moi perdons notre taff. En pouvant réaliser mon envie et mon projet, en ayant la preuve que ce que j'ai demandé à zomme sera bien respecté, en ayant des amis auprès de moi (une copine vient dans moins d'un mois pour 2-3 jours et ça va me faire un bien fou! - en plus ça fait de longues années que je ne l'ai pas vue - et on a quelques points communs donc parfait).
J'aurais envie - allez rêvons - d'un apéro avec mes potes sur une terasse biennoise, d'un café sur une terasse fribourgeoise, d'une folle soirée à l'UG, d'un re-apéro au tiff, d'un achat de CD à Vinyl overdose, de croiser quelques potes par hasard, d'avoir des nouvelles fraîches de mon ami Pisqual qui ne m'a pas fait signe depuis trop longtemps déjà ... PAs le mal du pays, mais juste le mal de certains moments assez épiques de ma vie précédente. En particulier quand le petit coeur fait boum dans le mauvais sens du terme.
Je ne regrette pas la décision prise il y a quelques temps. Je vis de bons moment de bonheur. Mais juste en ce moment je suis fatiguée psychologiquement et physiquement de certaines grosses batailles vécues ces derniers 8 mois.
Vais retourner à mes légumes frais et à mes fruits frais que le médecin m'a prescrit et retourner voir morphée qui a des bras assez agréables pour se plonger dedans profondément.
Je n'ai plus envie que les expressions prennent tout leur sens sur ma personne. Se faire de la bile, en avoir gros sur l'estomac, se prendre la tête ne doivent pas emplir mon corps! Je le refuse
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