J’ai commencé vendredi soir par vomir, vomir, vomir … y’en avait plein partout le lit, plein partout mes habits, ça ne sentait pas bon du tout, j’étais tout blanc et tout faible, je ne savais pas ce qu’il m’arrivait. Maman a téléphoné de suite à papa pour qu’il organise une personne qui puisse nous emmener chez le docteur. A l’hôpital, ils ont dit que je devais rester tranquille, ne pas trop manger, mais boire beaucoup d’eau et prendre mes médicaments. Samedi c’est la merveilleuse diarrhée qui est venue, qui n’arrêtait pas entre 2 minis vomissements. Mais cela ne m’empêchait pas de sourire et de jouer. En revanche, me faire boire de l’eau ? Que nenni, je déteste cela … pis bon je n’ai ni soif, ni faim. Ne m’emmerde pas maman ! Du coup, dimanche, je n’ai plus aucune force, je suis livide et je ne fais que dormir.
Mon papa – inquiet par les multiples coups de fil de maman – vient nous emmener chez le docteur. Le verdict est sans appel : je suis complètement désydraté et je dois me faire hospitaliser. On me pique un truc dans la main avec un long tuyau. Y’a 1 liquide qui coule goutte par goutte. J’aimerais bien jouer avec ce machin mais mes parents ne cessent de me dire :
« Non petit loup, laisse cette main tranquille, c’est pour ton bien, patati et patata »
Toute la nuit, maman a dormi dans mon lit, à mes côtés et papa sur la banquette.
Ça c’est le luxe d’une chambre privée. Les autres enfants sont entassés à 20 ou 30 dans une chambre et ça hurle à qui mieux mieux tout le temps. 1 seul parent peut rester et dormir au sol. Le 2e doit s’en aller ailleurs. On a même notre propre terrasse, notre propre frigo, notre propre TV et notre propre salle de bainss (avec une douche qui ne fonctionne pas).
Enfin quand je dis dormir … c’est un bien grand mot ! Puisque je bouge beaucoup, maman doit sans cesse ajuster le tube afin que je ne m’étrangle pas ou ne l’arrache pas par mégarde. Lundi ça va un peu mieux. J’ai toujours de la diarrhée mais je ne vomis plus et j’ai repris de faibles couleurs. Je joue et souris même entre 2 longs dodos. C’est ch*** chaque fois que je dors bien y’a la nana en blanc qui débarque en grandes pompes et qui parle très fort – alors ça me réveille et après je ne peux plus me rendormir. Sont vraiment bruyants et pas discrets ces thaïs ! Le doc. me trouve encore trop faible. On me garde encore dans la chambre et on me laisse ce machin à tuyau dans le bras. Je ne mange toujours pas beaucoup et je ne veux pas boire de ce liquide sans goût.
En fin de journée, on décide de m’enlever le truc à tuyau qui me donne à manger par gouttelettes. Paraît que mon estomac ne veut pas travailler et que je dois manger pour le ré entraîner. J’ai pas envie : AI PAS FAIM ! La diarrhée continue à couler sans cesse … mon ventre est tout dur, dur comme de la pierre. Mardi ça va encore un peu mieux. Je m’amuse même à arpenter les couloirs et à user de mon charme avec les autres parents se trouvant dans le coin. Je mange un petit peu de « Kao Tom » (soupe de riz avec plein de trucs dedans) et je ne refuse pas de déguster un petit gâteau. En revanche, le soir : grande frayeur pour mes parents. Je suis devenu quasiment transparent, j’ai mal au ventre, très très mal. Je pleure fort. Je vomis à nouveau et la diarrhée se fait plus dense. Maman et papa paniquent. Ils ne voient plus de possibilités d’évolution.
Complètement désemparée, maman fait appel par la voie sms à sa marraine. Paraît qu’elle a un outil pour aider à rétablir les énergies – ou un truc du genre – pour aider à ce que l’on guérisse. Apparemment ça marcherait sur toute personne et même à distance. Elle veut tenter le tout pour le tout. Elle me parle gentiment – pendant que papa angoisse et devient très nerveux. Elle me dit :
« Allez petit bout d’homme, tu es fort, tu dois aussi nous aider à te guérir. Dis à ton corps de faire du Muai Thaï contre tous ces méchants petits bonshommes qui te font du mal. Dis à ton corps de combattre la maladie. Allez je suis sûre que tu vas y arriver, je te fais confiance. De notre côté, le docteur, ton papa, ma marraine et moi on te soutient, on t’aide à notre manière de guérir. Allez dis à ton estomac de fonctionner. Dis à tes anticorps de sortir les armes et de partir à la guerre contre les ennemis qui te font du mal. «
J’ai mal dormi, j’étais agité, il a fallu plusieurs fois me changer. Puis le matin du mercredi, j’ai mangé, j’allais mieux, le ventre encore dur mais tellement plus souple que les jours précédents. Quand le docteur est arrivé dans la chambre je jouais debout. Il a dit « Il est temps de rentrer à la maison petit bonhomme. Tu vas manger un peu mais pas trop, et pas n’importe quoi. Tu vas boire de l’eau salée. » Arrivé à la maison je suis tout content de retrouver mes jouets. Mais au milieu de la journée j’étais complètement exténué et je me suis endormi … pour 15 heures !!! Est-ce la fatigue de la nuit précédente ? Est-ce le travail des énergies par la marraine de maman ? Est-ce un peu des 2 ? Je ne sais pas. Ce que je sais c’est que j’ai dormi super profondément et que j’ai très peu bougé tout ce temps. A un tel point que maman surveillait les mouvements de mon corps pour voir si je respirais encore ! Depuis, même si j’ai encore un peu de diarrhée et que mon estomac ne travaille pas complètement, je suis à nouveau le petit ouistiti plein de vie et à chaque jour ça s’améliore.
D’ailleurs aujourd’hui je suis retourné à la nurserie pour jouer avec mes petits copains tandis que mes parents ont regagnés leur place de boulot après des jours à rester tout contre moi. Je suis en bonne voie de guérison. Merci de vos bonnes pensées, merci à la marraine de maman et merci à mes parents de m’avoir tant soutenus.
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