Je vous prie – a l’avance – de bien vouloir
m’excuser pour cette note un peu decousue mais je suis encore sous l’effet de
l’emotion des 3 aventures que je vous ai retranscris ici bas.
Sommes retournes 4 jours sur l’ile pour
nous relaxer un peu, ), admirer les travaux termines – ou presque - du resort
ou travaille le zomme et revoir la famille qui – oh surprise – nous manquait
(je crois deviner qu’on leur manquait aussi car jamais mes beaux-parents ne
m’ont autant parle, pas qu’ils ne le voulaient pas avant, mais ils savent
pertinnemment que le thai qu’ils parlent, leur dialecte je ne le comprends pas
– il est si different du thai que je parle
Manque de pot il a plu tout du long, et
sans vouloir me moquer de vous (je sais que les degres ont bien chutes en
occident), on a eu super froid, j’en avais meme les poils des bras redresses …
pourtant la temperature, pour une farang de mon genre n’etait pas si basse
(24-25 degres). Mais imaginez que cela fait 4 mois et des poussieres que vous
vivez sous minimum 30 degres, hein … 24-25 degres dans l’humidite et un vent
pourrave, ben voila … tout le monde ‘ATCHOUM’ choppe un bon rhume de saison.
Et la route – euh le chemin de terre rouge
parseme de quelques cailloux, devrais-je plutot ecrire – glissante et gluante.
La moto tu oublies, elle s’enfonce dans la terre trempe. Tu crois marcher … tu
as 2 possibilites :
- tes tongs glissent et tu crois
10 fois en 10 pas que tu vas faire un joli vol plane et retomber sur ton
fessier dans une boue rougeatre ou les moustiques s’amusent comme des petits
fous – dire qu’il y a des personnes qui paient des prix de oufs pour avoir le
droit a un bain de boue pareil (sans les moustiques).
- Tes tongs restent collees a
terre, la petite bande se trouvant entre ton gros orteil et l’index du pied
s’arrache et t’as plus le choix, tu dois continuer a nus pieds …
J’vas te dire que sur les 2 choix, le 2e
s’est offert gracieusement a ma personne – j’etais seule dans la jungle avec
petit bonhomme dans mes bras et j’en avais encore pour environ 20 minutes.
J’avais assez peur que le premier choix vienne en rajouter une couche (hehe
c’est le cas de le dire) – surtout pour petit bonhomme, pas tant pour moi.
Finalement pas eu de vol plane (ouf) et marcher dans l’herbe glissante s’est
revelee moins dangereuse, etonnant ! (sauf que j’avais super peur qu’un
serpent s’amuse a jouer a cache-cache).
Tit empereur, lui, il n’a pas compris que
le danger nous guettait, il pensait naivement et tout bonnement (et fort
heureusement) que je m’amusais avec lui comme nous le faisons de temps en
temps. Eclatant de rire tout du long, il donnait de la gaiete dans cet
atmosphere grisatre.
Par un bon hasard, le zomme n’etait pas sur
l’ile, j’ai donc pu lui passer commande d’une nouvelle paire de tongs (va en
trouver sur l’ile … pfff t’as meilleur temps de tresser du palmier avec un peu
de bambou).
Samedi soir, le zomme et moi voulions
rentrer dans le resort voisin ou nos amis nous avaient genereusement prete un
bungalow … et nous etions assez contents de pouvoir ENFIN nous retrouver seul,
juste tous les 2 en tete-a-tete pour la premiere fois depuis … euh … depuis la
conception de l’empereur (a vrai dire il y a 2 mois nous nous sommes deja
retrouves seuls mais nous n’avions le temps de rien faire car etions a la
recherche d’un appart sur le continent et tante rose* n’avait evidemment pas
oublie de venir me rendre visite).
Probleme : pour acceder au resort
voisin il faut passer par la plage. Sympa et romantique me direz-vous … et je
ne vous contredirai surtout pas. Hehe mais quand la maree est haute a cause de
la pleine lune approchante et qu’en plus y’a des grosses vagues, ca devient
tres dangereux et impraticable. Le kayak faut oublier, il risque de se
retourner a tous moments … bon ben on fait quoi ?
Dormir sur place ? Puree ca fait deja
un moment qu’on eternue tous les quarts de secondes et on est congeles (desolee
encore de vous le dire a vous qui etes super glacifies en occident), bon ben
reste pas beaucoup de solutions : rebelotte dans la jungle, une bougie
dans la main … et c’est reparti pour une boue gluante et glissante, la trouille
des serpents, les branches d’arbres qui s’accrochent a nos cheveux (en plus le
zomme vient juste de se faire faire des dread locks ca s’accroche bien aux arbres
ces machins), des passages sur des ponts que je ne vois pas et plouf dans l’eau
jusqu’au nombril), des racines d’arbres qui depassent et qu’on ne voit pas dans
la nuit noire (bien entendu les bougies se sont eteintes lorsque la pluie a
fait surface a mi-chemin), les cheveux et les habits trempes ….
Pour arriver sains et saufs dans un
bungalow en bois sans chauffage ni couverture (puree a ce moment je revais
d’une bonne fondue, d’un the a la canelle et des biscuits a tremper dedans,
d’une bonne soupe de legumes).
Une fois secs et reposes nous avons un peu
– quand meme – pu profiter de notre tete-a-tete !
Je ne sais pas si c’etait la nervosite ou
la fatigue ou quoi, mais tout du long j’etais eclatee de rire … me disant
‘puree ca ne peut n’arriver qu’a moi ce genre de trucs … ouais a 2 doigts de
dire que Nam-Nam etait bel et bien de retour (hein oui ma Ling Sing, elle est
de retour, t’as bien ouvert tes oreilles ? on va kangourer ?**)
Dimanche milieu de l’apres-midi il est
temps de rentrer, la pluie et les vagues n’en finissent pas. Nous sommes dans
un petit long tail boat, les gros – plus stables – ont deja fini leur journee.
Dans le nous j’inclus le chauffeur (the
captain), le mari de la patronne au zomme et leur petit bout de chou de 2 ans,
mon empereur et moi-meme. Les autres personnes sont restees a terre, boulot
oblige.
Petit bout de chou pleure, il veut sa
maman, il reclame sa maman, son chagrin fout les boules et la gorge se serre.
Le papa essaie de le consoler du mieux qu’il peut. Petit empereur parle tout
seul et regarde le paysage, de mon cote j’essaie de trouver une maniere de
consoler petit bout de chou et de retenir la larme qui pointe au bout de mon
noeil (pour la premiere fois depuis longtemps le zomme me manque***), le
captain lui se bat contre les vagues. Puis les vagues se font de plus en plus
fortes, par moment le bateau s’envole
avant de retomber brusquement sur l’eau avec un bruit CLAC assez assourdissant,
parfois meme il titube de gauche a droite, ca tangue fort, j’ai peur …. Tres
tres peur. Petit empereur, lui n’est pas effraye, il se marre et il continue de
causer avec lui-meme (se croit-il dans un carrousel ? bah tant mieux en
somme, il ne comprend pas le danger et ca l’empeche de faire une crise c’est
tout ca de gagne). Le petit bout de chou s’est endormi, le papa a le visage
crispe et je n’ose pas regarder le captain.
J’essaie du mieux que je peux de ne pas
paniquer, petit empereur pourrait ressentir mon angoisse et ce ne serait pas
super. Pas evident pour une angoissee de mon genre … je me mets a reciter le
verset muslim que j’ai du apprendre pour mon mariage, ainsi que les quelques
mots bouddhistes que je sais. Pour quelqu’un de mon genre qui n’est pas tres
pieux c’est tres tres fort – pour dire a quel point j’avais peur.
Je recitai donc 2-3 fois « at chaha
duu allah ila hail lalo, wa atcha duu annamuam mada roo suu lolo »
doucement et le plus calmement possible.
J’ai regarde mon petit pere et lorsque j’ai vu son sourire confiant et ses yeux
souriants emplis d’amour, j’ai compris que rien ne nous arriverait et que notre
vie n’etait pas terminee, qu’on avait encore des choses a accomplir.
Je ne sais pas comment l’expliquer, mais
c’etait naturel et tres tres fort comme sentiment, il m’a transmis sa confiance
tres tres simplement et je pense qu’il faut le vivre pour comprendre ce que
j’essaie pietrement de retranscrire en mots poses sur une page blanche.
Incredible ! Un truc qui envahis tout
ton corps et qui te dit « non ce n’est pas termine et n’aie pas peur tu
vas arriver saine et sauve, tu n’as pas termine ta mission ici ».
- quoi ? Tu connais pas tante Rose ?--> Ragnagna, la
mer rouge, tsunamnam, menstruations
- ** 2-3 jours avant notre depart dans le pays du sourire, j’ai
re-recommence a sortir des phrases sans queues ni tetes mais qui voulaient
bien dire ce qu’elles voulaient dire dans le contexte ou je les placais,
je redevenais moi-meme et cela signifiait que malgre mon grand malheur
(sagapo), la joie m’accompagnait et j’avais reussi a bien effacer quelques
tensions et horreurs vecues les mois precedents.
- *** j’ai retrouve, ces derniers 4 jours, le zomme qui m’avait
seduite il y a quelques annees. Je ne sais pas si c’est la distance ou le
fait qu’il soit plus detendu depuis que la saison haute a recommence (il a
a nouveau un salaire et en tant qu’homme devant subvenir aux besoins de sa
famille il se sentait super mal a l’aise). En plus les rastas ca lui va
super bien, miam miam
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